Frère et soeur

...une histoire inventée.

5-23-2012

Ceci est un récit fictif. Les personnages et les faits ont été inventés.

Je m’appelle Étienne et je suis policier à la SPVM. J’ai toujours voulu devenir policier. Je me souviens, j’étais tout petit et je rêvais d’arrêter les malfaiteurs.  À l’école primaire et même au secondeur, j’étais toujours celui qui défendait les marginaux qui se faisaient violenter ou intimider. Comme j’étais un athlète et j’étais reconnu pour ma force et mon courage, j’attirais le respect et les intimidateurs me craignaient. Je ne me suis jamais battu. Jamais. Je n’en ai jamais eu besoin. Juste ma présence et mes avertissements suffisaient. Je crois que j’ai toujours voulu devenir policier à cause de mon père qui a été pendant plus de 40 ans au service de la police.  J’adorais sa « badge », son uniforme, sa ceinture aussi. J’allais souvent visiter le poste avec lui. Il n’était pas un millionnaire mais j’étais fier de lui.

J’ai une sœur. Juste une. C’est l’être humain que j’aime le plus au monde. J’oserais même dire : plus que ma blonde. Ma petite sœur est arrivée comme une surprise. 7 ans après moi. Elle a 19 ans et c’est une brillante. Elle étudie à l’UQAM en communication. Depuis toujours, je la traîne partout. C’est ma meilleure. Je l’ai amenée en voyage presque tous les ans, depuis qu’elle en a 10. New York, la Californie, Gaspésie, les Îles de la Madeleine, Boston, Chicago et plein d’autres places. Je lui paye la traite. À chaque voyage que je fais sans elle, une tradition, je lui rapporte un pashmina, un espère de foulard très ample, de tradition indienne. Elle attend toujours son nouveau pashmina. La dernière fois, il était bleu avec des dessins orange.

Depuis 3 mois, je fais des énormes payes. Avec tout ce temps supplémentaire à cause du conflit étudiant. Tous les soirs, je suis convoqué. Je mets mon casque, mon équipement protecteur, je sors ma grosse matraque et je me rends ou on me dit, et je suis les ordres. Je suis mal à l’aise, je suis malheureux, mais c’est ma job et il faut que je la fasse, et il faut que j’y croie. Il faut que je pense que je fais mon travail pour le bien de ma société. Sinon, ça n’a aucun sens.  Avant-hier dans la nuit, j’étais sur la rue Saint-Catherine quand tout a dégénéré. Nous étions deux douzaines de policiers en rangs serrés et on fonçait, vers une foule hostile. Devant moi, à quelques mètres, une jeune femme. Elle avait sur le visage un pashmina bleu avec de dessins orange. Mon officier de commande  nous a ordonné de foncer.  Je me suis dirigé vers elle. Elle avait peur. Avec mon casque, elle ne m’a jamais reconnu. Je l’ai prise dans mes bras pour aller la conduire en sécurité, puis quelques protestataires m’ont sauté dessus, pensant que je l’attaquais.  Je vais lui parler aujourd’hui. J’espère qu’elle va bien. 

Pour écouter l'extrait audio :

2012-05-24 Frère et Soeur

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